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L'édito

Louboutin vs. YSL

: Le saviez-vous ? Une bataille juridique se déroule depuis quelques mois au tribunal de New York, initiée par la célèbre marque de bijoux-escarpins Christian Louboutin, qui reproche à une consoeur française de faire dans le plagiat en utilisant des semelles rouges sur certains de ses produits. Tout ceci serait banal si l’accusée n’était autre que… YSL !

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Le 10/08/2011

Mode & bien être

 

HOW DARE U ?

 


      Ce qui retient notre attention ici, c’est donc que la partie adverse ne soit pas un petit atelier clandestin de Guangzhou, mais bien une autre marque de luxe (et pas des moindres !), française de surcroît : Yves Saint Laurent.

 

      Il s’agirait ici de contrefaçon, « une l’utilisation sans droit d’un élément de propriété intellectuelle protégée », caractérisée par « la reproduction d’éléments essentiels et caractéristiques d’une marque, d’un dessin ou modèle. » Plus précisément, la plainte de Christian Louboutin évoque la « violation de marque commerciale » et la « concurrence déloyale ».

 

Christian Louboutin YSL1.pngChristian Louboutin YSL2.png

 

      Le plaignant reproche en effet à un autre acteur de la mode de s’approprier un signe distinctif clé - la semelle rouge -, qu’il juge être le seul à pouvoir utiliser. Ceci afin d'éviter la confusion dans l’esprit du consommateur. Vous imaginez la scène : « trop bien tes escarpins Louboutin »… « non ce sont des Yves Saint Laurent ».

 

 

 

MES SEMELLES SONT ROUGES, ET ALORS ?

 


       Christian Louboutin a fait usage de la semelle rouge comme signature depuis sa création en 1992. La petite histoire voudrait que le créateur ait eu l’idée de recouvrir les semelles d’une de ses créations de vernis en voyant une assistante se faire les ongles. Bingo. Cependant, le dépôt de la semelle rouge en tant que propriété intellectuelle, pour le territoire américain, date de 2008 (le « Red Sole Mark »).

 

      4 modèles de chaussures Yves Saint Laurent de la collection croisière 2011 sont challengés par Louboutin dans cette affaire, à savoir les modèles « Tribute », « Palais », « Woodstock » et « Trib Too ». Ils sont en vente uniquement aux  Etats-Unis et c’est la raison pour laquelle la plainte a été déposée à New York. D’après les avocats de YSL, Louboutin aurait d’ailleurs fait indûment pression sur les grands magasins de luxe que sont Saks Fifth Avenue, Barneys New York, Bergdorf Goodman et Neiman Marcus pour qu’ils retirent ces modèles de leurs rayons.

 

 

 

LE POINT SUR L’AFFAIRE

 


      Après un dépôt initial de plainte en avril, la dernière audience s’est tenue le 3 août dernier à New York, audience au cours de laquelle le juge Victor Marrero n’a pas pris de décision finale, faisant ainsi durer le suspense. Les journaux américains semblent indiquer que la balance pencherait pour un jugement final (dont on ne connaît pas la date) en faveur de Louboutin - représentée par Harley Lewin du cabinet d’avocats McCarter & English -, aboutissant donc au retrait des chaussures de la vente et à un arrêt de leur production.

 

      Les documents officiels relatent bien les débats : « Louboutin claims to have the exclusive right to use red outsoles on women’s footwear – even on shoes, like all the YSL models challenged in this lawsuit, that are entirely red. »

 

      La réponse des défendants à cela : « Louboutin’s attempt to monopolize the use of red outsoles – even to the extent of claiming that no other designer can make an all-red shoe – is unsupported by law, defies common sense and would unduly restrict the design options available to competitors in this market. »

 

      Représentée par David Bernstein du cabinet d’avocats Debevoise & Plimpton LLP, la ligne de défense de YSL consiste notamment à prouver qu’elle a utilisé des semelles rouges dans ses collections depuis 2004, soit depuis une période bien antérieure à l’attribution à Louboutin d’une exclusivité sur ce signe distinctif relevant de la propriété intellectuelle. Il est ainsi fait référence, dans la plaidoirie, au modèle « Pin-Up » de l’Automne/Hiver 2003 ou encore au « Taï Taï » de l’Automne/Hiver 2004.

 

Christian Louboutin YSL3.pngChristian Louboutin YSL4.png

 

       YSL tente par ailleurs de mettre à mal le discours de Louboutin fondé sur la propriété intellectuelle. Certaines plaidoiries de ses avocats sont formulées ainsi : « les semelles rouges sont un attribut commun dans l’univers de la chaussure, qui remontent à des temps aussi anciens que les chaussures rouges portées par le Roi Louis XIV au 17ème siècle ou par le personnage de Dorothée dans le film de 1939 Le Magicien d’Oz. (…) YSL, par exemple, a conçu de nombreux modèles de chaussures pour femmes à semelles rouges dès les années 1970, bien avant l’usage par Louboutin de semelles rouges.» Précisons que la Maison Yves  Saint Laurent a été fondée en 1962 par le créateur Yves Saint Laurent et son partenaire, Pierre Bergé.

 

      Enfin, point clé de l’affaire, la maison Yves Saint Laurent rappelle que les modèles incriminés sont monochromes - chaussures bleues avec semelles bleues, rouges avec semelles rouges, etc. - et que loin d’elle l’idée d’imiter la fameuse signature de Louboutin.

 

       Qui a raison, qui a tort ? Quel sera le jugement final rendu ? Et vous qu’en pensez-vous ? Pour info, Christian Louboutin a lancé le site Stop Fake, qui vise à lutter contre la contrefaçon de ses produits, aussi bien sur Internet que offline. « Tolérance zéro » ! Allez y faire un tour !


Auteur : Texte par RJ Photos par Christian Louboutin et Yves Saint Laurent

Tags : Christian Louboutin, Yves Saint Laurent, Copyright, Collections 2011


logo CHRISTIAN LOUBOUTIN

CHRISTIAN LOUBOUTIN est un maroquinier français, fabricant de chaussures haut de gamme et d'accessoires pour femmes. La semelle rouge des escarpins CHRISTIAN LOUBOUTIN est notamment l'une des signatures les plus connues de la planète luxe, celle que convoitent les fashionistas du monde entier.


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Avis sur cet article

(1468)

Qui a dit que l'ambiance dans l'univers de la mode était concurrentielle ? En voici une preuve. Je comprends qu'un créatif : mode ou autre domaine revendique son droit sur ce qu'il fabrique puis commercialise.

Le 02/01/15 à 20:25

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(404)

Pour info Louboutin a été débouté par le tribunal de New York. Ce dernier a estimé que si les semelles rouges étaient caractéristiques de la marque, elles ne pouvaient constituer une "marque déposée", surtout dans l'industrie de la mode, où la couleur a des "fonctions esthétiques et ornementales décisives pour alimenter la compétition".

Le 12/08/11 à 10:32

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(955)

Je ne sais pas quoi en penser... Je comprends l'inquiétude de Louboutin, mais franchement le point le plus important de la défense de YSL est celui-ci : les chaussures incriminées sont des "all-over", rouges avec semelles rouges, bleues avec semelles bleues, bref je n'ai pas le sentiment que la bataille juridique soit justifiée, comme on voit sur les pix, il me semble normal qu'avec un modèle tout rouge on veuille mettre des semelles rouges !!!

Le 10/08/11 à 14:56

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